- Malgré l'ouverture de cette école publique, l'instruction se répandit très lentement
dans notre village et, longtemps encore, elle fut considérée comme un bagage inutile par une notable
partie de la population. Durant la belle saison, seuls les très jeunes enfants fréquentaient la
classe. En hiver, 60 à 80 élèves et même davantage, se pressaient dans la salle étroite et, malgré
les efforts du maître, les résultats demeuraient médiocres. En réalité l'enseignement se réduisait
à la lecture, l'écriture et à quelques notions de calcul ; même bon nombre d'écoliers apprenaient
à peine à lire et à signer ; quelques uns cependant recevaient une instruction élémentaire leur
permettant de se rendre ensuite dans un collège. Au reste après 1822, en raison de l'accroissement de
la population, les fonctions religieuses absorbaient de plus en plus le vicaire, au détriment des
fonctions scolaires. Il n'est donc pas surprenant que le nombre des illettrés soit demeuré élevé
dans toute la première moitié du XIX ème siècle. Dans une pétition du 26 décembre 1800, sur 84
chefs de famille, 26 seulement peuvent signer, la plupart difficilement, et 53 "font leur
marque". en 1816, deux conseillers sur quatre sont illettrés.
- Enfin en 1840, sur 70 élèves
fréquentant l'école de garçons, 30 seulement savent lire.C'est à partir de 1840 seulement qu'un mouvement sérieux se dessine à Veigy-Foncenex
en faveur du développement de l'enseignement. On observe surtout la grande amélioration de la
fréquentation scolaire : de 1860 à 1880 le nombre d'enfants ne fréquentant pas la classe tombe de 30%
à 5% ; à partir de 1885 aucun enfant n'en demeure éloigné. Depuis cette date le nombre des absences
pour motifs accidentels divers s'est fortement réduit et l'on peut dire que ce chiffre est ramené au
minimum possible. Ces résultats sont dus non à la contrainte, la loi sur la fréquentation scolaire
n'étant pas appliquée, mais à l'évolution générale des esprits en faveur du développement de
l'instruction. Cette évolution a été grandement aidée par les efforts des municipalités successives
qui ont consenti de larges sacrifices pour l'école, et par l'action morale, le dévouement des maîtres
parmi lesquels nous devons citer Joseph LANIER, décédé en activité le 19 juin 1884, et Jules
CROSET qui, durant 38 anées, de 1887 à 1925, à mis au service de tous sa haute conscience
professionnelle et toutes les qualités civiques d'un parfait citoyen.

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