La vie Religieuse à Veigy
- D'après les historiens, le christianisme fut introduit à Genève vers le IIIème
siècle et se répandit lentement dans les campagnes. Des églises furent édifiées dans les
agglomérations importantes comme Veigy, Corsier, Jussy, Hermance, Douvaine. vers 1350, la paroisse de
Veigy appartient au décanat d'Allinges, diocèse de Genève ; elle paie au pape une redevance de 13
livres et à l'évêque 50 sols pour chacune de ses visites dans la paroisse. Foncenex relève du
décanat d' Annemasse et paie 8 livres et 30 sols. A partir du XVème, nous pouvons suivre l'histoire de
nos paroisses grâce aux verbaux des visites épiscopales.
- Les prêtres des paroisses ne recevaient pas de traitement des autorités ; les
baptêmes, mariages et sépultures ne donnaient pas lieu à rétribution. Les curés et vicaires
étaient entretenus au moyen des revenus du bénéfice attaché à la cure. A Veigy ce bénéfice
comprenait : le produit des dîmes, une petite rente féodale, un domaine avec des bâtiments
d'exploitation, les revenus des fondations et des chapelles. Grâce à l'étendue de la paroisse et au
rendement élevé de la dîme, le bénéfice de Veigy était très important : le curé était le plus
riche particulier de la paroisse et ses revenus surpassaient ceux du seigneur du lieu.
- Quand les paroissiens avaient acquitté la dîme, ils n'étaient pas quittes envers leur
curé. Ils devaient encore payer le clerc, pourvoir à l'entretien de l'église et fournir tous les
meubles, vases ou ornements religieux. L' autorité épiscopale veillait attentivement au maintient de
tout ce qui regardait le bénéfice ou le culte et, comme les paroisses étaient nombreuses et peu
peuplées, les charges religieuses devenaient très lourdes pour les fidèles dont la plupart vivaient
déjà dans la gêne ou la misère. En 1481, l'évêque rappelait aux paroissiens de Veigy qu'ils
devaient verser régulièrement la contribution incombant à chacun d'eux dans les charges de l'église
et il invitait le curé à ne plus admettre aux offices ceux qui ne s'en acquitteraient pas. les
paroissiens devaient loger leur curé mais celui-ci devait maintenir le presbytère en état. On observe
cependant que, malgré l'importance du bénéfice, cette obligation n'était pas toujours remplie,
notamment en 1624, 1663 et 1785 .
- En 1536, Veigy adopta avec empressement la Réforme protestante, le prêtre qui occupait
la cure ne s'étant pas converti, les Bernois confisquèrent le bénéfice. Les paroissiens n'eurent à
payer, pendant cette période d'occupation Bernoise, que la dîme ; jusqu'en 1564, date à laquelle le
Chablais redevint propriété du duc de Savoie, ils n'eurent plus à supporter les autres charges
religieuses.
- Entre 1564 et 1589, il n'y eut pas de religion officiellement prêchée et pratiquée,
les autorités s'opposant à l'exercise du protestantisme et le catholicisme n'étant pas rétabli
encore. Les paroissiens, demeurèrent semble-t-il assez indifférents puisqu'ils négligèrent
totalement l'entretien des édifices religieux.
- En 1589, quand les délégués de l'évêque et du Duc
de Savoie vinrent constater l'état des églises et des bénéfices de Chablais, ils trouvèrent les
temples délabrés, les presbytères ruinés, les cloches disparues, vendues ou engagées. En certains
lieux les habitants s'étaient même emparés des matériaux des églises, tuiles, boiseries, pierres
d'autel es de fonts baptismaux.
- En septembre 1594, François de Sales fut chargé de rétablir le catholicisme en
Chablais, mais les paroissiens ne mirent pas à se convertir le même empressement qu'en 1536. Ce n'est
qu'à partir de 1598 que les Chablaisiens commencèrent leur retour au catholicisme , le prêtre ne
s'installant dans le village qu'en 1603.La construction d'une nouvelle église devint nécessaire au
XVIII ème. Elle fut édifiée, après démolition de l'ancienne, entre 1717 et 1729. La dépense fut
couverte en grande partie par une transaction passée avec les Pères Minimes pour des tailles
arriérées dues par ces derniers sur leurs biens des Verrières et , par la vente au couvent d'un
domaine que la communauté possédait dans ce hameau. On ne trouve nulle trace d'une subvention
royale ou d'une contribution spéciale des paroissiens.
- Au moment de la Révolution, le curé Vagnat s'enfuit du village et jusqu'à son retour
en 1796, aucune cérémonie religieuse ne fut célébrée. Les paroissiens montrèrent durant
toute cette période beaucoup d'indifférence à la vie religieuse.
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