Dans la seconde moitié du XVIIIè , les Autorités du Royaume tentèrent d'imposer aux paroisses la vente de leurs biens communaux.
Dans les environs, ces tentatives soulevèrent une vive émotion et provoquèrent des désordres dans de nombreux villages, notamment à Veigy, Loisin, Corsier, Massongy. Les nobles ou notables qui avaient acquis ou seulement tenté d'acquérir ces biens étaient ouvertement menacés et subissaient même les violences des paysans.
            Diverses causes contribuèrent à développer cette agitation : les édits d'affranchissement, qui avaient condamné sans retour les redevances féodales et les droits seigneuriaux, dressaient un réquisitoire formel contre le régime féodal lui-même. La longue procédure hérissée de difficultés qui s'ensuivit accrut l'effervescence et les sommes élevées à payer aux seigneurs ajoutèrent une véritable surcharge aux lourds impôts que supportait déjà le laboureur. Nos villages situés près de Genève subissaient l'influence de cette ville émancipée et les répercussions des luttes très vives qui s'y livraient entre le parti populaire et le parti aristocratique. Plus tard, la Révolution française, débordant sur la région, acheva d'exalter les esprits. Les nouvelles apportées par les réfugiés politiques à Genève et Carouge, ou par les voyageurs qui suivaient la grande route du Simplon et s'arrêtaient dans les cabarets de Douvaine, se répandaient rapidement dans nos villages et les paysans, encore surchargés par la dîme, la gabelle et les dettes contractées pour les affranchissements, apprirent ainsi que la Nation Française avait aboli, sans aucune indemnité, non seulement les droits féodaux mais encore la dîme, la gabelle et tous les privilèges seigneuriaux.

Première réunion à la France

            Les Français envahirent la Savoie le 22 septembre 1792, ils entrèrent deux jours plus tard à Chambery où ils furent accueillis comme les libérateurs du peuple. Le 14 octobre suivant, chaque commune élisait un député à l'Assemblée nationale des Allobroges. Les électeurs de Veigy nommèrent François Chastel, avocat , et ceux de Foncenex choisirent son frère Michel, officier dans la légion Allobroge. Tous deux avaient mission de voter la réunion de la Savoie à la France. Réunie dans l'église de Chambery le 21 octobre, cette assemblée se déclara souveraine et proclama l'Allobrogie Nation libre. Elle abolit sans indemnité la dîme, la gabelle, les titres de noblesse, les juridictions seigneuriales et tous les vestiges du régime féodal, annulant même les contrats d'affranchissement non payés et toutes les sommes dues à ce titre.

Union de Veigy et de Foncenex

             Le voeu unanime de l'assemblée des Allobroges fut accueilli favorablement par la Convention et un décret du 27 novembre 1792 incorpora la Savoie à la France sous le nom de département du Mont-Blanc. Les anciennes provinces devinrent des districts, eux-mêmes subdivisés en cantons. Veigy et Foncenex, qui faisaient partie de la province de Carouge, furent rattachés au canton d'Annemasse. Quelques communes dont la population était très réduite furent unies à la commune la plus voisine et le 27 janvier 1793, une proclamation des Commissaires français fixant la division provisoire du territoire du Mont-Blanc décidait la réunion de Foncenex à Veigy et donnait à la circonscription ainsi formée le nom de Veigy-Foncenex.

             Dans les deux communes, les habitants célébrèrent la chute de l'ancien régime en plantant l'arbre de la liberté, un peuplier symbolique. A Veigy, cet arbre fut abattu en 1877 pour la construction d'une bascule publique ; à Foncenex il disparut avant 1848. Les prêtres des deux paroisses refusèrent de prêter le serment constitutionnel et s'enfuirent le 24 février 1793. L'église de Veigy devint le Temple de la Raison où se tinrent également les assemblées publiques.les biens des cures furent vendus, les cloches et les vases cultuels de métal , fondus au profit de la Nation. Les curés ne rentrèrent dans leur paroisse qu'en décembre 1796.

Le département du Léman

              La république de Genève fut unie à la France par un traité du 26 avril 1798 ( 7 floréal an VI ). Une loi du 14 septembre 1798 créa le département du Léman formé du territoire genevois, du pays de Gex et des districts de Carouge, Thonon et Bonneville. le Léman fut divisé en trois arrondissements, Genève, Thonon et Bonneville. Veigy-Foncenex fut compris dans celui de Genève. Cette nouvelle division du territoire favorisait grandement nos communes qui voyaient tomber les barrières les séparant de Genève, leur centre naturel. Elle prit fin par le traité de Paris qui restaura l'indépendance de la République de Genève et rendit la Savoie au roi de Sardaigne, rétablissant ainsi les frontières de 1790. Dès la fin de 1815, les anciennes subdivisions administratives étaient reconstituées : Veigy-Foncenex se trouvait de nouveau rattaché à la province de Carouge et au canton d'Annemasse.

                                                                             Le Général CHASTEL Amé
               Il eut une carrière militaire brillante et bien remplie car il prit part à toutes les campagnes de la Révolution et de l'Empire. Volontaire dans la Légion Allobroge le 16 octobre 1792, brigadier le 2 novembre, maréchal des logis le 12, sous-lieutenant le 6 décembre, lieutenant le 9, capitaine en 1793, il prit part à la campagne du Midi et au siège de Toulon et passa à l'armée des Pyrénées orientales. En Italie il fut grièvement blessé au passage du Tagliamento. Pendant la campagne d' Egypte, il découvrit le planisphère céleste connu sous le nom de Zodiaque de Dendérah qui fut transporté en France. Il assiste à la bataille d'Austerlitz, aux campagnes de Prusse, Pologne, Espagne et Russie. Lors de la campagne de France de 1814, il fait partie de l'armée de Marmont.
 
Après avoir participé à la bataille de Waterloo, il quitte l'armée et se retire à Genève. Chastel fut mêlé à diverses conspirations bonapartistes. En 1820, on l'accuse d' avoir voulu enlever le duc d'Angoulême à son passage à Lons le Saunier. Crée baron de l'Empire le 19 mars 1808 et commandeur de la légion d'honneur le 18 septembre 1816, il meurt le 16 octobre 1826, léguant à la ville de Genève une importante galerie de tableaux.
Napoleon Ier