- Dans la seconde
moitié du XVIIIè , les Autorités du Royaume tentèrent d'imposer aux paroisses la vente de leurs
biens communaux.
- Dans les environs, ces tentatives soulevèrent une vive émotion et provoquèrent des
désordres dans de nombreux villages, notamment à Veigy, Loisin, Corsier, Massongy. Les nobles ou
notables qui avaient acquis ou seulement tenté d'acquérir ces biens étaient ouvertement menacés et
subissaient même les violences des paysans.
- Diverses causes
contribuèrent à développer cette agitation : les édits d'affranchissement, qui avaient condamné
sans retour les redevances féodales et les droits seigneuriaux, dressaient un réquisitoire formel
contre le régime féodal lui-même. La longue procédure hérissée de difficultés qui s'ensuivit
accrut l'effervescence et les sommes élevées à payer aux seigneurs ajoutèrent une véritable
surcharge aux lourds impôts que supportait déjà le laboureur. Nos villages situés près de Genève
subissaient l'influence de cette ville émancipée et les répercussions des luttes très vives qui s'y
livraient entre le parti populaire et le parti aristocratique. Plus tard, la Révolution française,
débordant sur la région, acheva d'exalter les esprits. Les nouvelles apportées par les réfugiés
politiques à Genève et Carouge, ou par les voyageurs qui suivaient la grande route du Simplon et
s'arrêtaient dans les cabarets de Douvaine, se répandaient rapidement dans nos villages et les
paysans, encore surchargés par la dîme, la gabelle et les dettes contractées pour les
affranchissements, apprirent ainsi que la Nation Française avait aboli, sans aucune indemnité, non
seulement les droits féodaux mais encore la dîme, la gabelle et tous les privilèges seigneuriaux.
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