- L'intérieur
de la forge était très sombre et aucune place n'était
perdue. Aux poutres noircies, étaient accrochés une quantité
de fers de toutes pointures, l'établi était surchargé
d'outils variés, contre les murs étaient alignés
d'étroits rayons métalliques qui supportaient des boîtes
de clous, de rivets,de vis, de mèches, etc... Au fond, un immense
soufflet actionné à la main attisait un feu qui s'éteignait
rarement.Enfin, au milieu de l'atelier trônait une imposante enclume
qui sous les coups de marteau envoyait très loin des sonorités
cristallines d'une grande pureté.
- De toutes les opérations
effectuées à la forge, la plus captivante, pour nous autres
gamins curieux, était le ferrage d'un cheval. le maréchal
deferrait d'abord "le patient" et à l'aide d'un tranchet
bien aiguisé, il "parait" le sabot en rognant la corne
morte et en nettoyant l'intérieur. Ensuite, le fer neuf correspondant
à la pointure du cheval était mis au feu. Tourné
et retourné dans un foyer incandescent le fer ramolli devenait
bientôt bon à être travaillé. Alors commençait
un véritable "Son et lumière", le métal sorti
du feu était vigoureusement martelé sur l'enclume qui
accompagnait de sa joyeuse voix cristalline in impressionnant jaillissement
d'étincelles qui illuminaient la sombre forge. Le fer brûlant
était alors plaqué sur le sabot précédemment
"paré" du cheval, une forte odeur de corne brûlée
se répandait. Un dernier coup de lime ou de tranchet et le fer
refroidi était alors cloué sur un sabot parfaitement lisse.
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