Un couple de Veigyciens parcourt le globe, et nous fait découvrir des saveurs venues d'ailleurs ... (Fin)

Marie et Patrice quittent le continent, sans trop de regret, leur périple continue. Les voilà partis pour l'Amérique du Sud. Là aussi un autre grand continent dont la découverte leur tient particulièrement à cœur.
 
L'Argentine :
L'arrivée à Buenos Aires est un peu déboussolante, ils se croiraient dans une grande ville italienne des années 1960 où les gens parlent avec l'accent italien et boivent beaucoup de café. Au premier abord, on pourrait penser en voyant les rutilantes voitures et les magasins de luxe que le pays est riche. La crise économique est pourtant terrible et tout est extrêmement cher. Ce pays est l'un des plus cher de toute l'Amérique latine.
Alors mieux vaut sortir de cette ville pourtant belle et accueillante et reprendre la route… celle de la Pampa. Cette immense plaine occupe tout le centre du pays. Les gens sont généreux (un jeune garagiste va réparer les vélos qui souffrent de plus en plus et aider nos voyageurs à traverser une manifestation pour sortir de la ville gratuitement). Les petits restos (parrilladas) servent des mets locaux simples, mais copieux et bons, jambon cru, langue de veau vinaigrette, pavés de bœuf grillés, ris de veau, toutes sortes de salades et la fameuse dulce de leche (confiture de lait) qui nappe les desserts. Voilà le quotidien de nos deux sportifs.
Marie et Patrice ont adoré l'Argentine et surtout ses habitants, leur meilleur souvenir à ce jour dans leur tour du monde.
 
Patagonie et Ushuaïa :
La ville la plus australe s'appelle Puerto-William, mais il s'agit en fait d'une base militaire chilienne. La traversée du sud de la Patagonie est superbe, mais balayée par les quarantièmes rugissants (120 km/h.), elle a été une véritable épreuve physique et a mis les mécaniques à rude épreuve. De plus, il fait frais et il pleut beaucoup. Les chiliens sont très accueillants comme leurs cousins argentins, ils pratiquent une pêche à la ligne de qualité. Grâce au courant glacial du Humbolt qui vient de l'Atlantique, les saumons sont gras et leur chair fine. Sur l'île de Chiloe, Marie et Patrice dégustent des locos (abalones) et des moules géantes de 25 cm de long (charo Savato) dont la chair est aussi délicieuse que celle des petites moules de Bouchot. Les chichas, gros crustacés, les huîtres plates et les oursins gros comme des pamplemousses viendront aussi agrémenter leurs repas.
A Ushuaïa, une autre première gastronomique attend nos deux routards : le fameux centolla, un crabe qui peut mesurer jusqu'à un mètre d'envergure. Pour cette région, la gastronomie et l'accueil valaient vraiment le détour, mais il est temps de repartir vers Valparaiso avant d'attaquer le désert de l'Atacama, puis l'Altiplano.
 
Le désert de l'Atacama :
Ce désert tant redouté  a été finalement vite traversé. La seule frayeur aura été causée par un petit tremblement de terre alors que Marie et Patrice se restauraient dans une petite gargote. Tout a craqué, gondolé, plié, mais a tenu bon. La traversée aura quand même été longue pour les estomacs habitués à de très bon repas depuis leur arrivée sur le sol sud américain. Ils se prennent à rêver aux bons ceviches de poissons (poissons marinés au citron), tellines, moules et même de bons sandwiches confectionnés au chili et aux empanadas (chaussons de pâte feuilletée farcis à la viande, au poisson ou aux fruits de mer). Les vins rouges sont très doux et il vaut mieux les réserver pour la sangria. Les chiliens sont très sympathiques et leur offrent l'eau de vie nationale "Le Pisco". Le plus beau village du Chili est San Pedro d'Atacama, oasis située près de la Bolivie, à trois mille mètres d'altitude. Marie et Patrice attendent donc que la pluie cesse de l'autre côté de la frontière, mais Patrice affirme que la salle d'attente lui plait beaucoup.
Finalement Marie et Patrice rejoindront l'Altiplano par le train, les routes sont impraticables et totalement inondées. Ils traversent, en 4 x 4, la magnifique région du salar d'Uyuni (la plus grande saline du monde 10'000 km2). Ils arrivent à La Paz, la plus haute capitale du monde, située dans une cuvette à 4'000 mètres d'altitude, mais les intempéries empêchent de rouler alors ils en profitent pour se promener sur les marchés colorés, odorants et bruyants de la capitale. Le choix des fruits, des légumes est ahurissant. Ils trouvent des fruits tropicaux, méditerranéens, ainsi que des bolets qui cohabitent avec des mangues rouges alors que les ananas trônent au milieu des patates. Des étals comme il n'y en a pas chez nous, tous tenus par des femmes bourrues, vêtues de dizaines de jupons colorés et de plusieurs gilets enfilés l'un sur l'autre, la tête couverte d'un chapeau melon. Il n'est pas question de coquetterie, mais de se protéger du froid avant tout. Marie et Patrice quittent à regret cette jolie ville pour se diriger sur les rives du lac Titicaca, une véritable mer intérieure perchée à 3'800 mètres d'altitude. Avant de passer au Pérou, quelques treks autour du Machu Picchu sont au programme.
 
Le Pérou :
Ce pays se révèle vite comme étant l'un des plus accueillants et des plus sûrs depuis le début de leur périple. Le plat national ici est "les délicieux ceviches du Pérou". Poissons, calamars, écrevisses, poulpes et poulet sont marinés dans du jus de citron et des épices. Dans la cuisine péruvienne on utilise beaucoup la tomate, originaire du Pérou, et l'avocat. Ici on mange des patates douces, cultivées en plaine. Patrice recommence ses dégustations culinaires et goûte au cochon d'Inde, à l'Alpaga et à la tortue. Au Pérou ce qui se révèle délicieux est un petit vin rouge "Borgana", un vrai sirop ! Sur la route qui les conduit à l'Equateur il pleut toujours et cela devient lassant.
 
L'Equateur :
La visite est brève, car il est difficile de supporter la chaleur et l'humidité. La ville de Quito est belle, mais il est temps de prendre l'avion pour le Panama afin d'éviter la Colombie où la guerre civile fait rage.
Marie et Patrice n'oublieront pas les merveilleux endroits traversés en Amérique du Sud tels que le Torres del Paine en Patagonie chilienne, le salar d'Uyuni en Bolivie, le lac Titicaca et la région de Cuzco au Pérou. Il est dommage que ces lieux ne soient pas plus vantés par les agences de voyages….
 
Le Panama :
Il pleut toujours autant. La nourriture est comme partout ailleurs, le contact avec les gens est très facile, la traversée dure six jours.
 
Le Costa Rica :
C'est un beau pays très vert, avec beaucoup de fleurs et d'animaux sauvages. La vie est très chère et la nourriture plutôt mauvaise. Il fait très chaud et ils pédalent sur des routes merveilleuses surveillées par les toucans, des singes, des lézards géants, des paresseux et surtout par de fabuleux oiseaux colorés. Les villages traversés sont petits et en quelques jours ils arrivent à la frontière du Nicaragua noyée depuis plusieurs jours sous des trombes d'eau.
 
Le Nicaragua :
Il pleut toujours et l'arrivée dans la capitale Managua ressemble plutôt à un amerrissage.
En attendant une accalmie, ils se régalent avec le plat national "Le casado" composé de riz, haricots rouges, bananes , agrémenté soit d'une côte de porc ou d'un morceau de poulet ou de poisson. C'est bon marché, ça cale bien l'estomac, mais ce n'est pas bon du tout.
 
Le Mexique, dernière ligne droite
Après des pluies torrentielles qui noyaient l'Amérique du Sud depuis 2 mois, Marie et Patrice pensaient pouvoir profiter des plages paradisiaques de la mer des Caraïbes. Au lieu de cela, ils ont dû pédaler dans quinze centimètres de boue et d'eau dans la magnifique région du Belize. La cuisine est essentiellement composée de poisson, poulet, crevettes et viande passés dans une pâte à frire, accompagnés de crêpes bourratives. Un mélange de haricots noirs et riz assaisonnés de tabasco est appelé "cuisine locale". A Bezile on pourrait se croire en Jamaïque, avec les coiffures rastas, la musique reggae et les effluves d'herbes à ne pas utiliser en cuisine. Le voyage se terminera en camion jusqu'à Cancun, les vélos n'en peuvent plus… les routards non plus.
 
Retrouvailles à l'aéroport de Genève Cointrin
Après vingt huit mois autour du monde, les vélos sont au bout du rouleau, mais Marie et Patrice respirent le bonheur. Leur seule envie en arrivant, après avoir salué les amis présents, manger du bon pain de chez nous. Direction Veigy, la maison, les amis, la famille.
Leur regard est à présent rempli de paysages inconnus par beaucoup, leur tête pleine de ces bruits et de ces silences propres à chacune de ces contrées traversées et leur cœur bondé de ces rencontres humaines, aventureuses ou chaleureuses, riches d'enseignement.
C'est vrai, il fait bon chez soi, mais comment mieux le dire (encore) que Marie et Patrice.